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Infestations tardives

Infestations tardives

Le temps du repos bien mérité est arrivé, autant pour l'apiculteur que pour ses abeilles !

 

Mais la vigilance s'impose malgré tout ! Les conditions météorologiques ont à nouveau été très favorables au développement tardif du couvain... et le Varroa en a largement profité !

Le temps où l'on pouvait se contenter du traitement d'été-après récolte et celui d'hiver hors couvain semble être révolu. Les réinfestations tardives à partir des populations résiduelles de Varroa sont désormais fréquentes et, au risque de me répéter, suspectées d'être la cause de la majorité des pertes de colonies en hiver. Je vous invite à replacer pour quelques jours les tiroirs et langes graissés sur le fond de vos ruches et à observer et compter les chutes naturelles de l'acarien. Chez moi, semblent être le plus impactées, les colonies n'ayant pas reçu de traitement longue durée (type Apivar). Ceci s'explique  justement par la durée d'action des molécules acaricides qui ont largement couvert la période critique où le Varroa aurait pu se redévelopper, à savoir de début septembre à mi-octobre. Quelles solutions ? Dans l'immédiat et en cas de chutes trop importantes, peut-être penser à avancer le traitement à l'acide oxalique par dégouttement, même s'il reste probablement un peu de couvain dans les colonies. C'est une mesure d'urgence, de sauvetage ! Il serait dommage d'attendre la date favorable à ce genre de traitement – vers le 15 décembre- et de retrouver des ruches moribondes avec de toutes petites grappes d'abeilles engourdies par le froid.

A plus long terme, il faudra sans doute, une fois de plus, repenser notre façon de procéder et s'adapter... Les traitements longue-durée couvrant la période critique semblent être une bonne piste mais quid de la contamination des cires et du miel avec des molécules pas toujours anodines (amitraz par ex) ? Un traitement ponctuel entre les deux traitements principaux pourrait aider, tout en gardant à l'esprit qu'il n'atteindra qu'une partie restreinte de la population de Varroa (les phorétiques).

Face à ces difficultés grandissantes et devant le constat de 40 années de lutte chimique, finalement vaine, la conclusion est que nous n'arriverons pas à éradiquer le parasite.

Toutefois, la lueur d'espoir est à chercher du côté de la découverte-obtention d'une abeille résistante, la fameuse abeille VSH. Tout doit être entrepris pour mener à bien de tels projets, pourtant largement inconnus du grand public car sous-médiatisés. 

Une abeille qui vivrait avec Varroa tout en le contrôlant, et des ruches n'ayant plus besoin de traitements : le rêve ! Et ce rêve est accessible, à condition d'y mettre des moyens humains et financiers ! Le public est désormais largement sensibilisé à la problématique de l'abeille mais pas nécessairement de la bonne façon. On pense bien faire en multipliant les ruches, en ville ou sur le toît des entreprises, tout en ignorant la racine du mal qui ronge notre beau passe-temps.

 Autre sujet de préoccupation : le frelon asiatique ! Vu la multiplication des nids dans l'ouest de la Belgique en 2017 et malgré les efforts déployés pour les neutraliser, il semble maintenant probable qu'une bonne partie du pays devra faire face à l'envahisseur la saison prochaine. Espérons une bonne coordination des fédérations apicoles et des acteurs de terrain (CRA-W) pour limiter les désagréments et pour organiser la lutte de manière efficace (piégeage, recherche des nids...).

Que ces sombres perspectives ne nous empêchent pas de penser à la nouvelle saison qui se pofile et se prépare dès à présent !

Nous y reviendrons plus tard !

Auteur : Fred l'apiculteur

Frédéric Calmant, apiculteur Liégeois depuis plus de 15 ans

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